Après les pluies abondantes qui ont submergé les marais pendant de longues semaines, le printemps a sonné l’heure de la décrue et, doucement, la terre réapparaît donnant vie à de
belles poussées de fleurs, entourées d’envolées d’oiseaux qui repeuplent le paysage ! Voilà le signe que la nature nous donne chaque année aux alentours de Pâques, laissant entrevoir la vie sous de nouveaux jours !
Un signe de la nature qui n’est pas sans faire écho à notre foi, chrétiens, au moment de célébrer l’évènement qui est au coeur de notre foi et de notre espérance : la mort et la Résurrection du Christ.
Un double évènement qui nous dit le passage par lequel Dieu nous a révélé en son Fils Jésus, une fois pour toutes, que l’Amour l’emporte sur toutes les formes de mort et que c’est le chemin par lequel le Seigneur nous donne de goûter à la Vie véritable, dès maintenant, chaque jour et pour toujours.
Foi et espérance… que ce temps pascal nous donne de raviver en nous et au coeur de notre monde, où l’actualité n’est pas sans susciter bien des inquiétudes ! Face aux guerres qui s’étendent et à tous les déséquilibres de notre monde, nous pouvons nous sentir dépassés, impuissants… avec la tentation peut-être, comme bien des gens, de se renfermer sur soi-même et de désespérer de l’avenir !
Raviver en nous l’espérance « au ras des pâquerettes » (petites fleurs de Pâques !) … parce que c’est bien dans le quotidien de notre vie singulière que la Vie du Ressuscité nous est donnée pour faire son oeuvre en nous et que nous en soyons les témoins ! C’est le message, entre autres, que le pape Léon a exprimé au cours de sa courte visite à Monaco ; « face au fracas des armes » il reprenait la parabole de la graine de sénevé, faisant comprendre que la paix dans le monde commence dans les petites choses du quotidien… qu’elle est l’affaire de chacun de nous, invités à reconnaitre dans tous les gestes d’amour et de fraternité la présence et le souffle de l’Esprit du Ressuscité.
C’est ce que les membres de « Chemin d’espoir » de la paroisse exprimaient l’autre soir en écrivant quelques faits de leur vie sur des pétales en papier :
des faits qui parlent de pardon vécu en famille, ou du sourire d’une personne paralysée, de la joie de « partager et d’être entouré et du courage que cela donne » ou encore du « calme doux » ressenti lors d’un temps de prière à Taizé… Autant de pétales pleins de vie qui forment ensemble une pâquerette, où y cueillir l’espérance et la joie de Pâques !
Et si nous essayions nous aussi de cultiver et de partager ainsi des « pâquerettes » tout au long des jours de ce temps pascal !
Gilles Dalibert, Prêtre coopérateur
