Lancé il y a 17 ans, « Hiver solidaire » mobilise de nombreuses paroisses en France, pour accueillir des personnes à la rue qui s’engagent à rester pendant tout l’hiver (3 ou 4 mois). Ces paroisses leur offrent un abri, la possibilité de reprendre confiance en elles-mêmes, grâce aux relations fraternelles établies entre elles et avec des bénévoles investis dans cette opération.
Deux bénévoles de notre paroisse témoignent de leur expérience au sein d’Hiver Solidaire.

Témoignage de Fabrice QUISTREBERT, bénévole à Hiver Solidaire
Il y a des appels qui changent une vie, ou du moins qui en éclairent le chemin. Pour Fabrice QUISTREBERT, paroissien de longue date à Donges, cet appel est venu un dimanche matin, lors d’une messe. Ce jour-là, le Père Arnaud, un membre du comité de pilotage du dispositif Hiver Solidaire, avait pris la parole à la fin de la célébration pour interpeller les chrétiens : les paroisses de Saint-Nazaire Brière avaient besoin de bénévoles pour accueillir des personnes sans abri dans le cadre du dispositif Hiver Solidaire. Fabrice ne s’est pas posé longtemps la question : il s’est spontanément proposé, touché par cet appel à la charité chrétienne.
« Le Père Arnaud a fait appel aux paroissiens. Je me suis dit que c’était là ma façon de répondre à l’Amour que Dieu nous donne. »
Un accueil concret et chaleureux
Cela fait maintenant cinq ans que Fabrice s’investit dans cette belle mission. Le dispositif Hiver Solidaire permet d’accueillir chaque soir quatre personnes sans abri à la Maison paroissiale Saint-Gohard de décembre à fin mars. Chaque personne dispose d’un lit avec un accès à une salle de bain commune, un espace de dignité et de repos. L’accueil s’étend de 19h00 à 8h30 le lendemain matin. Un dîner chaud, préparé et offert par les bénévoles, les attend chaque soir. Un petit-déjeuner vient clôturer cette nuit à l’abri avant que chacun reprenne sa route. Une équipe de deux bénévoles vient de 19h à 21h avec le repas. Une autre de 20h à 8h pour la nuit.
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Au quotidien, Fabrice assure l’entretien de la maison paroissiale et veille aux achats nécessaires pour les petits-déjeuners. Mais c’est une fois par mois, comme chaque bénévole, qu’il donne toute la mesure de son engagement, accompagné de son amie Ghislaine. Ensemble, ils préparent avec soin un plat et un dessert qu’ils apportent pour le repas du soir. Ces moments de table sont des partages simples et humains, sont souvent parmi les plus précieux : des échanges, des sourires, parfois des récits sur la dureté de leur condition. Une fraternité qui se construit, assiette après assiette.
Ce que vit Fabrice est une belle illustration de l’Evangile mis en actes. En accueillant ces quatre frères privés de toit, il répond à la parole du Christ : « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli ». Comme le Seigneur nous le dit : « Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (l’Évangile selon St Matthieu). Hiver Solidaire est une réponse vivante à cet appel, un signe d’espérance pour la communauté chrétienne.

Bonjour,
Je m’appelle Ghislaine et je suis bénévole pour Hiver Solidaire depuis deux ans. Je suis arrivée dans l’association grâce à mon ami Fabrice qui me parlait très souvent de son activité au sein de cette association. Je lui ai donc proposé de rejoindre l’équipe si cela était possible.
Ma mission consiste à préparer un repas chaud le soir, plusieurs fois dans la saison, pour l’offrir aux sans abris recueillis par l’association. J’apprécie, en toute humilité, d’aider ces personnes en difficulté, de leur apporter un soutien moral, du réconfort et de les écouter raconter parfois leur parcours de vie et leurs espérances, sans porter de jugement. Nous essayons de faire en sorte que ce repas soit convivial et chaleureux et cela fonctionne. Cela peut paraître peu, mais pour moi, c’est un engagement dans ma vie chrétienne, une façon de mettre ma foi en Dieu au service des autres. Dieu, qui est source de vie, d’amour et un exemple de tout ce qui est bon.
Même par mauvais temps, nous répondons « présents », comme par exemple le jour du 5 janvier où, avec mon ami Fabrice, nous sommes partis de Donges pour aller à Saint-Nazaire avec un temps de neige et des conditions atmosphériques bien dégradées. Nous étions attendus avec impatience et nous avons mis plus de deux heures pour arriver. Mais pour nous, il était impossible de ne pas apporter ce dîner à partager qui fait chaud au coeur et au corps. Quelle belle récompense, lorsque nous sommes arrivés, de voir des Sourires sur le visage de chacun et des remerciements.
Ghislaine

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